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Mycotoxines & endotoxines : les contaminants invisibles qui perturbent le confort et l’exploitation des bâtiments

Mycotoxines & endo​toxines : des contaminants de l'air nocifs et silencieux

Dans un bâtiment tertiaire ou public, on suit désormais de près les indicateurs de qualité d’air : CO₂, COV, particules fines, température, humidité. Ces paramètres sont utiles, mais ils ne suffisent pas à expliquer certains irritants très concrets du quotidien : odeur de moisi persistante, air “lourd” malgré une bonne ventilation, occupants qui se plaignent d’irritations, filtres HVAC saturés trop vite.

Dans de nombreux cas, le problème vient d’agents biologiques beaucoup moins médiatisés : les mycotoxines et les endotoxines.

Ces toxines ne sont pas détectées par les capteurs classiques et ne sont pas visibles à l’œil nu. 

Pourtant, elles jouent un rôle majeur dans la perception de l’air intérieur et dans la charge d’exploitation du bâtiment.


Mycotoxines​ : des toxines produites par les moisissures présentes dans les zones humides

Les mycotoxines sont des toxines naturelles produites par certaines moisissures courantes en intérieur, notamment Aspergillus, Penicillium et Stachybotrys.

Elles ne sont pas volatiles, mais elles adhèrent aux poussières, ce qui leur permet de se disperser dans l’air du bâtiment et d’être inhalées ou déposées sur les surfaces.

Dans les bâtiments tertiaires et publics du Luxembourg, on les retrouve principalement dans :

  • les locaux techniques humides,
  • les faux-plafonds touchés par une infiltration,
  • les sanitaires et douches du personnel,
  • les archives,
  • les zones peu ventilées ou sujettes à condensation.
L’OMS rappelle qu’un excès de spores ou de mycotoxines dans l’environnement intérieur augmente le risque d’irritations, d’aggravation de l’asthme, et de symptômes généraux comme fatigue, maux de tête, toux ou inconfort respiratoire.
Sur le terrain, cela se traduit par des plaintes occupants récurrentes et par des zones à problème qui reviennent malgré les nettoyages.


Endotoxines : des fragments libérés par les bactéries Gram négatives

Les endotoxines proviennent d’un autre groupe d’organismes : les bactéries Gram négatives.

Ces bactéries sont naturellement présentes dans les environnements humides. Elles ne sont pas dangereuses en elles-mêmes. Le problème vient de leur enveloppe externe, composée de LPS (lipopolysaccharides).

Lorsque ces bactéries meurent ou se dégradent — par exemple dans un humidificateur mal entretenu — ces fragments LPS se détachent : ce sont les endotoxines.

Ces fragments se fixent très facilement :

aux poussières,

aux fibres textiles,

aux dépôts dans les gaines HVAC.


Une fois associées à une particule de poussière, les endotoxines circulent dans le bâtiment et peuvent provoquer une inflammation respiratoire, une baisse progressive de la capacité pulmonaire et une exacerbation de maladies existantes chez les personnes sensibles.


Une comparaison simple : les acariens

Tout comme l’acarien n’est pas dangereux : ce sont ses déjections et ses fragments qui provoquent les allergies,

→ ce ne sont pas les bactéries Gram négatives elles-mêmes qui posent problème, mais leurs résidus (les endotoxines).


Pour​quoi on ne peut pas mesurer ces toxines avec des capteurs ?

Aujourd’hui, aucun capteur en continu ne permet de mesurer les mycotoxines ou les endotoxines dans un bâtiment.


Les seules méthodes fiables passent par :

  • des prélèvements d’air ou de poussières,
  • une analyse en laboratoire,
  • des techniques lourdes (HPLC, LC-MS, test LAL).

Cela rend ces mesures :

❌ coûteuses,

❌ ponctuelles,

❌ difficilement exploitables pour une surveillance quotidienne.


En pratique, un Facility Manager se base donc sur des indicateurs indirects : humidité, condensation, poussières, odeurs, saturation des filtres, retours occupants.


Quelles actions mettre en place côté exploitation ?


Les incontournables :

  • maintenir une humidité maîtrisée (30–50 %),
  • traiter les infiltrations et condensations immédiatement,
  • nettoyer la poussière avec des aspirateurs HEPA,
  • entretenir les réseaux HVAC et les humidificateurs.

Ces actions limitent le développement futur, mais ne détruisent pas les toxines déjà présentes sur les surfaces et les poussières.


Dégrader biologiquement les toxines : l’approche micro-biodiversité d'Indoor Forest


Certaines équipes complètent l’approche classique avec des solutions basées sur la micro-biodiversité positive.

Le principe :

→ introduire des micro-organismes bénéfiques capables de dégrader naturellement les mycotoxines et les endotoxines,

→ sans eau, sans produits chimiques,

→ avec un fonctionnement continu qui stabilise l’environnement dans les zones sensibles.


Pour l’exploitation, les bénéfices attendus sont concrets :

  • moins d’odeurs,
  • moins de poussière visible et microscopique,
  • moins de retours occupants,
  • moins d’interventions curatives sur les zones humides chroniques.
  • et un coût de 4€/m2/an soit un ROI imbattable de 5 à 7 semaines 


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Mycotoxines & endotoxines : les contaminants invisibles qui perturbent le confort et l’exploitation des bâtiments
Virginie Ducommun 3 décembre 2025
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